« C’est comme une sensation de brûlure qui chauffe puis qui pique et enfin, on a les yeux tous embrumés. Ce soir-là, je n’ai pas eu envie de m’endormir mais de veiller toute la vie, ne plus jamais connaître cette sensation de vide. Au début, les gens se respectent puis.. plus rien. C’est comme un fil qui se casse. On a beau y faire des noeuds, ça n’en reste pas moins un fil qui a été cassé. Rien ne peut arranger cela, à part peut-être changer de fil mais on est d’accord, ça ne règle pas le problème d’origine. Parfois, on a aussi envie de le mettre de côté ce fil, on le trouvait plus lisse, plus joli, avant. La tête tourne , on a beau fermer les yeux, tout s’accélère. Dans quelques secondes, nous n’entendrons plus rien. Nous ne serons plus rien. Nous parlerons de nous au passé et on aura tout loupé, ou peut-être pas. Toujours des hypothèses, du pas-sûr. Jamais du concret, du sérieux, au final. On se fourre le doigt dans l’oeil. Je touche même mon cerveau là. La tête tourne, on entend vraiment plus rien. Tout est blanc, et les gens nous sourient en nous caressant les cheveux « T’en fais pas, tout va aller mieux ». Ils disent peut-être vrai mais si jamais ils mentaient..? Ça, on ne le saura jamais. Ou peut-être que si mais.. c’est encore une hypothèse. »A.
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